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09/11/2012

Chapitre 18: Piégé...

 « C'est une grande bêtise de la part de la souris, une fois prise au piège, de ne pas dévorer le lard qui la leurra. »,  Friedrich Hebbel 

0.jpgL'après-midi et le soir, Bob oublia de téléphoner à Thomas. Oublier n'était pas vraiment le mot. C'était plutôt un oubli volontaire. La journée à passer avec Mary fut trop douce pour la gâcher avec des choses trop sérieuses.

Encore une fois, il passa avec elle, une fin de journée qu'il voulait garder en mémoire comme la meilleure possible. Une soirée en amoureux à passer en se rappelant les bons moments de leur mariage avec l'album de photos de l'époque.

Le lendemain, tous deux prirent un temps infini avant de se lever.

Comme s'il attendait une nouvelle, il alluma la télévision à l'heure des actualités.

Il préparait le petit-déjeuner quand le mot "Pharmastore" lui tinta aux oreilles.

Surpris, il laissa choir le couteau à la main et prit la commande à distance pour augmenter le son.

Là, une journaliste parlait d'un certain Doug Malaxter qui avait été découvert sur une voie latérale de l'autoroute avec une balle dans la tête  au volant de sa voiture.

Ce nom "Doug Malaxter" ne disait rien à Bob. D'après la journaliste qui relatait l'évènement, il avait fait partie de la société Pharmastore en tant qu'informaticien.

Les images montraient en arrière plan les lieux du drame avec des policiers qui avaient placé un cordon de sécurité autour du drame pour tenir les badauds et les journalistes, à l'écart.

La journaliste termina l'information en affirmant qu'il n'y avait pas beaucoup d'indices mais ajouta qu'une enquête avait été lancée immédiatement et que le fédéraux étaient présents. Elle passa ensuite à d'autres informations.

Bob coupa la télé et resta sans voix, pensif avant de reprendre le fil de ses idées de déjeuner.

A qui le crime pouvait profiter d'autre que Pharmastore?

Il devait à coup sûr s'agir de son informateur. Il avait été liquidé pas des tueurs engagés pour l'éliminer. C'était presque évident.

Il n'avait pas uniquement, des soupçons de responsabilité mais des certitudes de culpabilité qui dépassaient toute son analyse. 

Hier, Bob avait probablement entendu son informateur pour la dernière fois au téléphone. Il n'avait pas eu le temps de lui demander s'il se sentait, lui-même, plus menacé que précédemment.

Il avait prévenu Bob des risques car il avait mesuré l'étendue du danger pour lui-même. 

On avait dû le piéger et le repérer après lui avoir communiqué les nouvelles règles de sécurité particulières délivrées à lui seul pour le confondre.

Son portable avait servi pour prévenir Bob des changements de mots de passe. 

Si par malheur, ses assassins avaient trouvé son portable qui avait servi, après lui avoir donné son coup de grâce, il était clair que Bob pouvait devenu un prochain homme à abattre par ricochet.

Bob se rendait compte que le danger existait pour lui, même s'il était resté dans l'ombre.

Début décembre, après le Thanksgiving, il devait reprendre le travail après cette convalescence dont il ne se souvenait presque plus.

Il ne pouvait plus utiliser son portable risquant à son tour d'être localisé.

Il quitta la maison pour aller chercher un autre portable avec carte limitée de payement et sans contrat.

Avec le nouveau portable, il prit contact avec Thomas.

- C'est Bob. Je suppose que tu es au courant de l'assassinat de l'informaticien de Pharmastore.

- Oui, j'ai vu les infos. Je suppose que ce soit une occasion pour associer le projet avec l'assassinat. Il n'est pas difficile de trouver les commanditaires, mais comment le prouver ? Ce sont certainement des professionnels qui ont été engagés et ils n'ont pas dû laisser de traces de leur méfait.

- Tu l'as dit. De plus, le risque existe qu'ils aient trouvé le lien avec le prochain maillon de la chaîne, c'est-à-dire moi et peut-être, toi. J'ai déjà changé de portable sur lequel l'informaticien m'appelait. Maudite geolocation. Il va falloir que je te cède toutes les infos que tu pourrais utiliser dans tes articles suivants. 

- Je crois qu'en effet, ce serait une occasion d'en parler avec les enquêteurs du FBI. Puisque deux faux agents de chez eux,  nous avaient intrigués, ce serait une bonne chose d'en référer aux vrais. Donnons-nous rendez-vous pour parler de tes dernières découvertes. Ensuite, j'irai au FBI pour les informer en demandant l'exclusivité du suivi de l'affaire en échange. Quant à toi, tu dois te faire oublier quelques temps dans un endroit inconnu. Si tu connais cet endroit, fiche le camp avec ton épouse en prenant toutes les précautions d'usage. Où se voit-on avant cela?

- Connais-tu le Black Jack ? Cela ne paye pas de mine, mais c'est un endroit discret. Je viendrai avec Mary.

- D'accord. Bon endroit. Endroit, où il y a quelques années tu pourrais faire tache parmi les clients noirs mais qui est devenu plus cosmopolite. Rendez-vous pour 11:00. Je prendrai aussi des précautions.

- Ok. A toute à l'heure.

Bob pressa la touche « stop » de la communication et rentra chez lui.

Cette fois, Mary était levée et s'habillait pour partir.

Bob l'arrêta.

- Changement de programme. Il y a du nouveau dans lequel nous sommes impliqués et il ne faut pas que l'on nous retrouve ici. Ce n'est pas pour créer la panique, mais il y a eu un meurtre, hier soir. Un des informaticiens de Pharmastore a été descendu. Son nom ne me dit rien, mais, à y réfléchir, cela ne peut être que mon informateur. Il faudrait que l'on disparaisse quelques jours. Le lien avec moi n'est pas immédiat, mais cela se pourrait que l'on remonte jusqu'à moi. Je n'ai pas envie de nous retrouver dans la liste des prochaines victimes.

- Que veux-tu faire? Où veux-tu aller?

- Nous avons un rendez-vous avec Thomas, mon ancien condisciple journaliste. Il veut prendre en charge mes dernières conclusions sur l'affaire. Ensuite, il mettra le FBI au courant et continuera de publier la suite de l'affaire. Si le FBI le laisse faire. Bien sûr.

- Chéri, mais tu me donnes la frousse. J'ai toujours aimé les actions que tu prenais, jeune, mais nous ne sommes plus aussi jeunes pour jouer les casse-cous. La police pourrait nous mettre sous sa protection. Si on leur demandait.

- Protection en fonction de quoi? Je n'ai aucune preuve tangible si ce n'est un site Internet et des soupçons. Mais, on veillera à une protection. Ne t'en fais pas. Elle devrait seulement rester invisible. Rien ne prouve que je suis déjà sur une liste noire ou impliqué à leurs yeux. De toutes manières, il s'agira d'être très prudent désormais.

- On part. Comment? Avec quelle voiture?

- Prenons ta voiture. Elle est moins reconnaissable et je m'y cacherai en sortant du garage. Si nous sommes suivi, il faudra les semer avant d'arriver au rendez-vous.

Tout se déroula sans anicroches. Pas de suiveurs dans le rétroviseur. Bob sortit de sa cachette en s'asseyant aux côtés de Mary.

En moins d'une heure, ils atteignirent le Black Jack.

Un couple attablé. Ils s'installèrent en fond de salle.

Ils durent attendre un quart d'heure avant que la porte s'ouvrit pour laisser passer le journaliste.

Celui-ci les vit immédiatement et les rejoignit le sourire aux lèvres.

Après des prémisses qui n'étaient là que pour rafraîchir ou pour compléter les nouvelles de la matinée, sans perdre de temps, Bob présenta Mary et raconta dans le détail ce qu'il avait découvert, depuis leur rencontre, au travers des directoires de son PC. Son carnet de notes contenait les différentes adresses de références qui à l'aide de son PC permettaient de reconstituer l'ensemble. Il y avait de quoi mettre quelques personnes à l'ombre avant de stopper cette machination qui ne tenait aucun compte de l'éthique ni de l'intégrité humaine. Faire sauter des morceaux de vie, c'est comme voler la mémoire ou violer son histoire. Les suspicions si pas les preuves étaient suffisantes pour enquêter du côté des dirigeants de Pharmastore.

Il était temps d'établir un plan de bataille et pour l'heure, de trouver une base de retranchement.

- J'ai pris contact avec un ami du FBI. Un ami en qui j'ai  confiance de longue date pour avoir travaillé sur d'autres affaires en tandem avec lui. C'est à lui que je me suis renseigné sur l'arrivé de ces soi-disant agents qui se sont présentés au journal. Il m'a tout de suite dit que cela sentait très « bizarre ». C'est assez rare d'avoir des journalistes et des agents du FBI de mèche, pour être cités. Des fausses insignes, il est relativement facile d'en trouver sur le marché. Quant à de faux de noms, c'est encore plus facile. En plus, mon ami du FBI a le bras long, ce qui pourra nous servir plus efficacement. Pas la peine de perdre son temps à copier les noms impliqués. Je les lui remettrai avec le clé. Il saura quoi en faire.

- Que pourra-t-il entreprendre? Jusqu'ici, il n'y a rien que des suppositions. Un lien non confirmé avec l'assassinat de l'informaticien.

- Le lien sera peut-être plus difficile à établir, mais rien qu'avec l'information que tu m'as fourni, il y a de quoi les mettre à l'ombre pendant quelques temps. Quand les fédéraux s'en mêlent, ce n'est jamais sans biscuits.

- Le seul lien réel que je connaisse est Malcovitch dans le bureau de San Francisco. Le reste est localisé autour de la maison mère. Il risque, aussi, de se faire emporter dans la tourmente.

- Évidemment, d'après ce que j'ai cru comprendre, il t'a obligé à rester au lit pendant des mois après t'avoir donner sa potion magique qui t'a rendu la mémoire en compote. Tu as une revanche à prendre. N'oublies pas, il a aussi profité des bonnes actions de Mary. N'aie crainte, s'ils le veulent, ils lanceront une armada d'agents et tous les noms que tu me donnes, vont être utilisés pour lancer un grand coup de filet et les mettre en garde à vue. Ce n'est pas leur coup d'essai. Ils aiment pêcher les gros poissons en col blanc surtout si leurs feuilles d'impôts ne comportent pas tous les éléments nécessaires pour faire une bonne taxation.

- J'ai confiance en toi.

- Dès que l'on se quitte, je vais rejoindre mon copain Pitsburg du FBI. Il n'y a que quelques mois, depuis ma dernière rencontre avec lui. Je le sais très intelligent et dans l'heure, il aura les mandats d'arrêt nécessaires. Donc, allons-y sans vergogne ni remords. Je vais prendre des notes pour mon prochain article qui ne comportera pas de noms si ce n'est que celui de l'associé principal en tête de liste. Les autres, ils ne faut pas les faire fuir.

Après avoir ouvert son PC, Bob commença à faire défiler quelques infos qu'il avait déchargées.

- Je ne connaissais rien d'un ordinateur avant cette affaire. J'ai appris en accéléré. Peut-être n'ai-je pas encore tout découvert. Mais comme il y avait un moteur de recherche sur le site et un index, cela a facilité le travail. Le programme était bien fait. Bravo pour le programmeur. Le temps de présence sur le site était minimal. Je n'ai pas tout déchargé ni utilisé. Je l'avais fait avant. Les documents sont classés en directoires. Du plus inoffensif au plus stratégique et confidentiels avec les noms des associés, des collaborateurs, leurs e-mails et les notes de services sur l'évolution du projet, les photos, les recherches technologiques... Il y en a pour des heures de consultations, si tu le prends en détail.

- Et cela prend combien de place?

- L'espace disque du site, j'ai pu le constater, dépasse allègrement, le Giga. D'après les dernières informations de mon informateurs probablement éliminé, ils ont pris plus de précautions encore en séparant les infos, les plus sensibles encore dans la deuxième version. Je n'ai pas découvert lesquelles puisque je n'ai pas eu la possibilité de confronter l'ancienne version et la nouvelle.

Le journaliste avait toujours la bonne idée d'apporter une clé d'un Giga pour copier tout ce qui était utilisable en numérique et son portable pouvait prendre des photos tout à fait acceptables de ce qui l'était moins. Il inséra le clé dans l'ordinateur de Bob et sélectionna toutes les directoires et la copie commença.

La rencontre fut terminée au bout d'une heure.

Chacun était avide de continuer la partie d'échecs qui avait commencé même si la partie avait commencé à l'insu de leur volonté.

Dans ce jeu de stratégie, Mary et Bob se retrancheraient après avoir roqué, attentistes, tandis que le journaliste passerait à l'attaque. Il prendrait la tangente et sortirait les Tours, en révélant les noms aux FBI. Le FBI poursuivrait en diagonale avec les Fous en essayant d'éviter les coups fourrés des adversaires.

Est-ce que les associés de cette affaire parviendraient-ils à sauter les obstacles comme des Cavaliers chevaleresques et sans reproches? Une question sans réponse.

De toute manière une partie d'échecs dont l'issue risquait d'être incertaine qui pourrait se terminer par un Pat car les adversaires devaient avoir étudié beaucoup de coups d'avances en jetant leurs pions dans la bataille.

L'adversaire avait éliminé la pièce maîtresse, leur Reine blanche, l'informateur qui connaissait toutes les prémices.

Cela était déjà trop. Il fallait jouer encore plus serré à l'avenir pour arriver au Mat.


16:17 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

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