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13/11/2012

Chapitre 17: L'affaire en toutes lettres

« Escroquerie : une bonne affaire qui a rencontré une mauvaise foi. », Alfred Capus  

0.jpgOn approchait du soir quand Bob considéra qu'il en avait eu assez pour la journée.

Mary était rentrée de bonne heure. Il en avait oublié que c'était son jour où il devait avoir préparé le souper, mais elle ne lui en tint pas rigueur de ne pas l'avoir fait.

Le lendemain, la sonnerie du réveil se déclencha à plein volume. Il dut taper par deux fois sur lui du plat de la main pour le faire taire et ne pas réveiller Mary dont c'était un jour de récupération. Il avait dû rêver un peu trop de tout cela car il se sentait avoir la tête lourde.

Prendre une douche. Se raser. Reprendre ses esprit et aller chercher la gazette au magasin du coin, lui semblaient plus pénible que d'habitude. C'était tout ce qu'il se consacrerait comme objectifs dans l'immédiat. Le grand air lui manquait probablement.

Il avait une sorte d'angoisse qui se mélangeait avec la fatigue qu'il n'avait jamais connu auparavant dans sa vie active sur les grands espaces avec les paysages colorés d'ocres et de rouges qu'il avait l'habitude de fréquenter avant d'arriver dans les grandes villes pour visiter ses clients.

Un quart d'heure plus tard, le journal "San Francisco Chronicle" sous le bras, il fit le chemin inverse et ce fut bien installé à la table de cuisine qu'il se destinait de prendre le petit-déjeuner de la main droite et le journal de la gauche. Dès la première page, il put constater que le deuxième article avait été publié comme prévu dans la colonne de droite du quotidien.

Il avait, à peine, commencé la lecture du journal que son portable sonna.

Bob faillit tomber de sa chaise en se précipitant pour le récupérer dans son survêtement et y répondre.

A l'autre bout, une voix qu'il reconnut immédiatement sans y mettre un nom.

- Beaux débuts. J'ai pu constater que les informations concernant MIND vous servent à merveille. Nous avons tous été prévenus qu'il fallait encore plus de sécurité. Elle a été doublée. Un nouveau signon et mot de passe a été distribué à chacun des ayant-droit. Je faisais encore partie des privilégiés mais je dois redoubler de précaution. Quant à vous, je vous demanderai d'en faire autant pour éviter les coups inexpliqués qui surviendraient dans le cas où l'un d'entre nous serait découvert. Prenez quelque chose pour écrire.

Il laissa quelques secondes à Bob  avant de continuer, juste le temps, de retrouver Bob à l'écoute.

- Ok? Je continue. Le signon est devenu « A%rts771hJJtrt » tandis que le mot de passe est à deux entrées. La première « 66$KMj6e888kHGF » atteint le premier niveau de sécurité. La seconde atteint le niveau ultime. Voilà, ce que je peux vous donner à l'heure actuelle. Je ne vous rappelle plus. Bonne chance. Je suivrai les cogitations de votre journaliste.

La communication s'interrompit. Elle avait duré moins de deux minutes, interruption comprise.

Bob resta rêveur pendant plus d'une longue minute.

Que savait-il de cet interlocuteur-informateur ?

Quel était son intérêt réel pour prendre autant de risques en lui révélant ces informations ? Avait-il aussi une revanche à assouvir?

Il était probablement un participant au projet avec le titre de pharmacien, de chimiste ou alors, participait-il dans la partie technique du site? Un homme qui touche à tout, sans vraiment comprendre ce qu'il touche? Pourquoi avait-il été choisi pour y participer et qu'est-ce qui l'avait fait perdre la foi dans la société qui l'employait et qui, en principe, puisqu'il était bien payé, lui avait donné sa confiance? 

Des questions sans réponses qui se bousculaient dans l'esprit de Bob.

Il était maintenant obligé de faire confiance à son informateur à l'aveuglette et cela l'inquiétait autant que le stressait.

Bob s'était lancé dans une vengeance commune avec la sienne mais dont il ne connaissait ni les tenants ni les aboutissants. Sa propre vengeance avait été construite au cours de sa convalescence dans le trouble sans comprendre les révélations qu'il détenait depuis lors. Dans sa vie, tout était rentré dans l'ordre. Son épouse lui était revenue plus aimante que jamais. Alors, pour lui, pourquoi s'être lancé dans cette aventure périlleuse ?

Son envie d'aller plus loin s'effritait et avait reçu une nouvelle entaille après avoir entendu les risques et la menace de mort qu'il encourait.

Il ne pouvait plus reculé. Même Mary lui avait donné son blanc-seing avec fougue.

C'était comme un promesse de résultats et une promesse, cela ne se rompt pas facilement sans perdre la face.

Sauver les informations et reprendre contact avec Thomas et lui redonner encore plus d'informations pour qu'il puisse continuer sa saga d'articles.

Il termina son déjeuner dans un silence pesant. Mary était encore couchée. Il ne fallait pas la réveiller et lui faire encore plus peur, un jour de récupération. Il lui consacrerait la matinée en amoureux à préparer le Thanksgiving. Voilà, comme l'idée, elle est bonne. Mais avant cela, retour au site de Pharmastore. 

Bob remarqua qu'il était loin d'avoir tout compris du ce site secret. Un véritable dédale divisé en directoires. Ceux-ci subdivisaient toutes les données concernant le projet.

Tout passer en revue demanderait des heures et il passa tout le reste de la journée à lire et à prendre des notes au vol.

La formule chimique du produit, créée dans le cadre du projet MIND, était présente. Une formule lourde d'atomes divers de chimie organique. Elle ne disait pas grand chose à Bob si ce n'est que l'ensemble était assez original et devait avoir un impact sur les neurones et avait un lien direct avec les formules chimiques de produits pharmaceutiques normalement utilisés pour ralentir la maladie d'Alzheimer.

En fait, il s'agissait plutôt de deux séries de produits majeurs avec d'autres qui avaient des fonctionnalités particulières de dosages. Tout cela donnait des variantes avec un rendement différent dans le temps.

La première série de produits étant, un peu, comme l'antidote de l'autre dans les buts alors que poursuivis autrement, chacun des produits pouvait agir et servir seul. L'une pour effacer la mémoire. L'autre pour, au contraire, la renforcer.

Les doses à utiliser étaient répertoriées sur des graphiques qui reprenaient le temps de l'effet désiré, en ordonnée. Des graphiques permettaient d'ajuster les doses en fonction du poids des individus à traiter.

L'administration des produits devaient se faire par son ingurgitation mélangée à un liquide qui devait être suffisamment fort pour en oublier le goût. Il se rappelait du café que lui avait servi Marcovitch, le goût du café avait camouflé tout autre ingrédient.

Bob se demandait comment et sur qui, ils avaient pu tester ce genre de références et de subtilités.

Il trouva partiellement la réponse à cette question dans un autre environnement du site.

Tout d'abord, des personnes prises dans le public à l'est des États-Unis avaient été engagés pour ce genre de tests in vivo suites à des annonces dans les journaux.

Mais d'autres avaient été choisis au hasard comme cobayes sans même le savoir.

Les noms des personnes avec leur adresse, leur poids et leur fonction avaient été minutieusement répertoriés.

C'est alors qu'il tomba sur son propre nom dans une des listes. Mais un autre nom lui tapa dans l'oeil, celui de Silmons, le chef comptable, également un ancien dans la société. Un peu tard pour aller le trouver au bureau. Il ne possédait pas son numéro de portable.

Bob avait donc vu juste. Le comptable et lui avaient été des cobayes à leur insu pour tester le produit qui consistait à effacer temporairement la mémoire immédiate. Pour lui, cela avait été programmé pour une durée estimée à un mois après l'annonce de son licenciement qu'il se devait d'oublier. Malheureusement, les médicaments qui lui avaient été administrés pour le guérir, avaient eu des effets qui avaient annulé ou atténué, du moins, leur efficacité. Il s'était rappelé de tout à son réveil. Test raté. Alors qu'ils avaient dû croire le contraire puisqu'il avait joué leur jeu.

Chaque nom de la liste pointait sur un autre directoire qui expliquait en détails les fonctions de chacun des produits pharmaceutiques avec les résultats analysés. Les noms qui n'en étaient pas suivis devaient être les prochaines victimes de ces tests.

Les clients potentiels de cette « miraculeuse » médication de la mémoire, étaient spécifiés dans un autre directoire.

On y trouvait souvent des pays, des organismes d'Etats qui avaient l'habitude de se retrouver dans toutes les expositions de matériels militaires dans le monde.

La NSA figurait en bonne place dans les prospects. D'autres organismes en faisaient partie dont les noms le laissaient rêveur.

Les noms des contacts, eux-mêmes, y étaient aussi mais restaient totalement inconnus de Bob. Il ne pouvait rien en faire mais il nota le lien pour le cas où il devait les retrouver.

Les spécialistes en informatique avaient conçu ces archives avec soin et pour avoir été impliqués, devaient aussi être convaincu d'arriver par leurs soins, à l'inviolabilité du site.

Mais ils n'avaient pas prévu un espion corbeau parmi eux. 

Un bloc pour recherches par mots clés permettait de trouver n'importe quelle information sur le site. Des documents numérisés, des photographies, les méthodes de production avec quelques réactions de chimie organique ainsi que leurs progrès chronologiques, tout y était avec les pourcentages de réussites.

Le projet devait avoir débuté depuis cinq ans au vu des dates de création des documents les plus anciens.

Des progrès de recherches et des estimations de bénéfices par année, étalées sur cinq ans, complétaient. L'exploitation était espérée dès 2013 ou 2014.

Pour conclure, un chapitre était intitulé « Sécurité ». Il mentionnait le haut degré de confidentialité nécessaire,  primordial à la bonne réussite du projet. 

Bob avait eu accès à tout et cela le faisait frémir avec un certain dégoût dans la bouche. 

Il abandonna, planifia de téléphoner à Thomas et pensa à rassurer Mary.


15:10 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

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