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17/11/2012

Chapitre 16: Publication et répliques

« Chaque soir, pendant les représentations d'une pièce de théâtre, c'est sur la même réplique que les spectateurs enrhumés se mettent à se moucher; c'est le moment où la pièce faiblit. », Marcel Pagnol 

0.jpgBob n'avait jamais eu le temps ni l'envie de lire beaucoup de quotidiens de la presse locale. Le quotidien faisait partie de son environnement de liberté dans les grands espaces. Les journaux déforment les réalités.

Tout avait changé. Pourquoi pas sa manière d'aborder son présent?

Dès le lendemain, il se retrouvait comme chasseur de l'information pris dans l'impatience de lire l'article que Thomas devait faire paraître.

L'article en faisait bien partie comme prévu.

Cette fois, il se sentait au centre névralgique de l'histoire avec une excitation non dissimulée.

Elle figurait en première page, sans emphase, dans une colonne, avec une police de caractère relativement réduite.

La bombe était lâchée.

La crainte se mêlait à son excitation. Lui, l'employé modèle avec un rôle qui le transformait en taupe et comme vilain corbeau, ne lui plaisait que très peu, contrait par un serment. Il était pris dans un engrenage qu'il avait, en partie, construit lui-même. Maintenant, il ne pouvait plus reculer et se départir car d'autres personnes en dépendaient.

Les répliques allaient prendre un peu plus de temps, se disait-il.

Aucune nouvelle ne lui parvint de toute la journée.

Cette absence de réaction lui donna presque un sentiment de soulagement. Peut-être l'article n'avait été qu'un flop magistral qui n'avait ému personne. Ni parmi les lecteurs, ni parmi les dirigeants de Pharmastore. 

La prudence lui imposait de garder le silence. Toutes les parties du complot savaient comment le contacter.

Le stress retombait.

Le soir, entre le souper et la séance télé, il reçut un mail de Thomas. L'anxiété revenait. Celle d'un jeune 'délinquant'.

Son contenu ne le rassura pas :

-Bob,

Je suis sûr que tu t'es plongé sur l'article que nous avons publié dans le journal ce matin.

Puisque tu n'avais aucune objection, dès le départ, il est sorti tel quel sans ton consentement.

Je n'ai pas pris contact avec toi de la journée car j'ai été fort occupé pendant toute la journée.

Au sujet de (ton) notre histoire, cela a dû créer une certaine gêne dans les hautes sphères pharmacologique.

Contrairement à ce qu'on pouvait s'attendre, il n'y eut personne de ta société, enfin, pas sûr...

Nous avons reçu la visite du FBI. Le charme était très vite rompu. Pas vraiment une visite de courtoisie. Je t'assure.

Ils ont essayé de nous faire croire que l'article était bidon, erronée. Comme nous restions de marbre sur nos positions, ils ont commencé à menacer le rédacteur en chef, si on ne lançait pas un démenti. C'est dire que ton information méritait quelques points goodwill.

Le conseil d'administration était même convié à l'entrevue avec ces deux gars du FBI. Je n'en faisais pas partie. Il y avait un scribe de service pour en écrire les minutes. On m'avait demandé de ne pas me découvrir en prenant part à la discussion.

Je ne serais pas étonné si nous allons être surveillé. C'est dire que pour que tu ne sois pas brûlé en tant qu'informateur, il faudra prendre des précautions lors de nos futures rencontres si cela s'avère nécessaire.

Nous continuons à publier l'affaire dans nos prochaines éditions en y ajoutant plus d'informations mais en laissant planer un doute de bon aloi. Les lecteurs aiment ce genre de procédé.

Je tiens à te remercier de m'avoir choisi pour divulguer ton histoire.

Bien à toi...

Thomas"

Bob eut une réaction immédiate de peur. Une nouvelle fois, il sentait qu'il s'était embarqué dans une sale affaire qui le dépassait et dont il ne soupçonnait, peut-être, qu'une partie des buts.

Thomas devenait un candidat à éliminer si on le découvrait.

Que le FBI prenne les devants pour étouffer l'affaire, il ne l'avait même pas imaginé.

Le lendemain, nouveau mail.

Bob,

Quand nous avons reçu ces deux agents du FBI, ils nous avaient semblé louches. On se demandait pourquoi le FBI s'occuperait-il de cette affaire de médicaments ?

Alors, nous avons fait notre petite enquête. Nous avons pris contact avec le FBI et je te le donne en mille, ils n'avaient envoyé personne. Cette affaire, ils en avaient à peine pris connaissance.

Là, cela se corsait vraiment. Qui avait pris leur place sinon des agents de ta société Pharmastore, elle-même ? Avec de fausses cartes du FBI, bien entendu.

Après mûres réflexions, nous avons décidé de publier, dès le prochaine tirage, l'article qui précise mieux encore de quoi il s'agit. Voici, le contenu.

Histoire de mémoire (2ème volet)

Hier, nous vous avions ébauché une affaire concernant la société Pharmastore. Elle semble s'éclaircir de proche en proche, au fur et à mesure que les heures passent. Nous vous parlions d'un projet qui n'était pas déontologique pour la profession de pharmacien.  

Nous sommes, aujourd'hui, à mène de vous révéler le nom générique du projet, toujours resté secret. Le projet en acronyme s'appelle « MIND ». Les initiales désignent les mots « Memories of Individuals Naturally Dispatched ».

Ce projet, d'après nos informations, est destiné à accroître ou décroitre de manière artificielle la mémoire d'un individu. Si au départ du projet de recherche fut la maladie d'Alzheimer, il a été détourné de ses objectifs. L'utilisation machiavélique que pourrait donner ces médicament, c'est évidemment de construire des zombies pendant des opérations guerrières dont les auteurs ne se rappelleraient pas ensuite.

Il est déjà clair que cette affaire ne restera pas lettre morte et que nous vous tiendrons informés.

Notre envoyé spécial nous délivre des informations au compte goutte. Informations que nous publierons dans la colonne de droite de cette première page au fur et à mesure qu'elles nous parviennent.

M.M.

Ce fut tout.

Décidément, il a le goût de la distillation d'informations et tout l'art du raccourci, se dit mentalement, Bob.

Il avait à peine déposé son journal que son portable sonna.

La voix de Jim à l'autre bout.

Celui-ci semblait avoir couru un cent mètre tellement le débit de ses paroles était saccadé de phrases courtes.

- Salut Bob, Alors, c'est parti. La guerre est déclarée. J'ai lu l'article avec attention. Court mais précis. Juste ce qu'il faut pour attirer les mouches. Pas mal... Je suppose que tu es arrivé à un point plus avancé.

-Salut Jim. Reprend ton souffle. Comme tu le dis, oui, bien sûr, je connais ou j'ai déduit un peu plus des buts non avoués de la société, mais je laisse à mon interlocuteur journalistique, la bride sur le cou pour décider du rythme de ses publications. C'est loin d'être un enfant de cœur. Il connaît la musique.

- En tous cas, l'article a fait sensation dans la boîte. On n'a fait que parler de cela au bureau. On resentait une certaine excitation et un profond malaise de la direction. Mais, ils ne voulaient pas trop en faire l'évènement de la journée.

- Que t'ont-ils dit toi qui est le maître d'oeuvre des projets en cours?

- Je m'attendais à ce qu'ils viennent me voir. Ils ne l'ont pas fait. Je suppose que ton informateur principal doit se trouver, désormais, sur les listes de suspects. Tu as déjà décidé quand tu reviendra au bercail et reprendre tes activités ?

- Je pensais la semaine prochaine. Je n'y pense plus du tout. Il faudra du temps pour que cela paraisse en entier. Je ne suis pas sensé avoir connaissance des tribulations naturelles de la boîte. Donc, je ne crois pas que je serai soupçonné, du moins tout de suite. Le journal a été visité par on ne sait qui. Deux gars se sont présentés au journal et se réclamaient du FBI, mais ce fut avec l'aide de fausses cartes.

- Ah. Troublant. Fais gaffe tout de même. Prends plus de temps à regarder derrière toi. Un conseil d'ami.

- Bien sûr. J'ai enfilé mon costume d'agent secret (rires). Voyons. Je vais signé désormais de deux lettres : BB. Bob Bond, Agent 047. C'est mon chiffre porte bonheur. A plus, comme on dit dans ce monde d'Internet que je viens de conquérir.

- Je vois que tu gardes l'humour. J'apprécie.

- A plus tard. Je te tiendrai au courant, si on me laisse faire, bien entendu...

Un rire en commun et ils coupèrent la communication.

Après avoir parlé d'Internet, Bob eut l'idée de vérifier s'il avait toujours accès aux informations secrètes.

Première porte à franchir, celle de la société. Elle s'ouvrit.

Deuxième porte, celle de MIND, resta fermée. Le mot de passe avait été modifié. Cela ne fonctionnait plus pour accéder aux informations du projet. 

Attendre son informateur infiltré avec des nouvelles encore plus corsées? Pour la suite, Bob n'avait plus qu'à continuer à analyser le sauvetage du site quand il l'aurait au complet.


15:20 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

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