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04/01/2013

Chapitre 04: Une convalescence de réflexions

« Une convalescence est comme un fruit qui mûrit... », Jacqueline Mabit

0.jpgQuelques heures plus tard, après son premier réveil, sans connaître au juste combien, peut-être le lendemain, Bob revint à lui. Ce fut le chirurgien qui était, cette fois, à son chevet.

-Bonjour, Monsieur Manson. Nous avons eu quelques difficultés à vous remettre en état, mais je vous assure que vous allez rester en vie. Vous avez l'art de vous mettre dans un état à faire pâlir d'envie, Ramses II. Rien de vital n'a été touché, un miracle. C'est plutôt l'explosion de votre voiture et l'incendie qui a suivi qui nous ont obligé de vous couvrir le corps de la sorte. Il y a eu quelques réparations à faire aussi, mais ne vous inquiétez pas trop. Ce n'est pas sûr que vous allez retrouver toutes vos facultés dès demain et sans efforts de votre part. Il vous faudra quelques rééducation, au paravent. De la kiné, bien sûr. Cela devrait sauvé quelques articulations endolories. Mais, attendez quelques temps. Heureusement que vous avez eu la présence d'esprit de sauter de voiture, sinon vous ne seriez plus ici.

Bob eut presque envie de sourire, mais les lèvres ne suivaient pas son esprit. l avait de l'humour.

"Ramses IIUn chirurgien, expert en égyptologie, cela ne doit pas être courant", se dit-il. Lui, il en avait à peine entendu parlé.

-Marta, ne laissez pas trop de visiteurs entrer chez Monsieur Manson. Il a besoin de se reposer. C'était beaucoup trop la dernière fois, dit-il.

L'infirmière, Marta qui l'accompagnait, opina de la tête sans répondre.

Une fois, le chirurgien sorti de la chambre, Bob commença à réfléchir au sujet de la visite dont il se souvenait lors de son premier réveil.

D'abord sa femme, qui se faisait aimante. Elle qui n'avait plus vue depuis un mois, qui avait claqué la porte, qui était proche de demander le divorce avant son accident.
Ensuite, Marcovitch qui faisait les yeux doux comme si rien ne s'était passé, comme le pouvait être un Samaritain de bas étage. 

Dans le royaume des faux-culs, il doit y avoir des empereurs en formation. Les collègues étaient les moins soupçonnables.

S'il avait pu bouger, parler sans problèmes, quelle attitude aurait-il dû prendre? Devait-il réagir, bouder ou s'insurger? Il n'en avait pas les moyens, donc, cela restera une question à se poser plus tard. Actuellement, il avait besoin de soins, de douceurs et de compassions. Il fallait continuer et entrer dans leur jeu et sortir de ses propres convictions. Il n'était pas à mène de contredire qui que ce soit ou de contrefaire leurs actions de bienfaisance en bons offices ou de « public relation ».

Feindre l'amnésie et laisser le temps au temps. Après il aviserait.

Une heure après, il reçut la visite de son épouse. Toujours aimante, attentionnée. Toujours le même manège de réconciliation qui ne semblait absolument pas forcée.  

-Comment vas-tu chéri? 

Les lèvres de Bob essayèrent de remuer pour dire seulement, "bien" ou de sortir une feinte dont il avait le secret. A peine perceptible.

-J'ai apporté des fleurs. Cela mettra un peu de couleurs dans cette chambre trop blanche.

Elle passa encore une heure avec Bob et puis s'en alla. 

Le lendemain, comme il avait été prévu quelques autres collègues de son équipe vinrent à son chevet, solidaires. Étaient-ils curieux ou y avaient-ils un peu de solidarité avec lui? Cela semblait sincère.

Ils lui racontèrent les dernières histoires drôles pour lui faire oublier les moments tragiques. Le mauvais caractère de quelques clients, un sujet favori. Ses lèvres bougèrent dans un demi-sourire pour leur faire comprendre qu'il n'était pas devenu idiot et pouvait les comprendre, mais que ses maxillaires ou zygomatiques lui faisaient mal.

Puis, les semaines passèrent. Ce fut une guérison lente qui commença. Lente, progressive et patiente. Bientôt, il put bouger, se mettre sur son lit. 

Recoller les morceaux. Le travail du kiné commença. Le reste de son corps apparut. Les dégâts n'étaient pas trop apparents.

Pour passer le temps devenu trop long, Bob demanda une télévision.

Les actualités du soir arrivèrent dans le programme de la télé, puis vint une émission-documentaire parla des évènements qui entouraient les élections américaines. Un détail lui frappa l'esprit. Le présentateur parlait de Pâques. C'est alors qu'il se rendit compte que tout ce dont il parlait, lui était étranger, qu'il ne se souvenait de rien. Le trou de mémoire. Il essaya de remonter le temps de sa mémoire. Plus de rien entre la Noël 2011, dont certains point lui revenaient et le départ de Mary en juin de cette année. Si ce qui avait suivi, il s'en souvenait presque de tout. Sa période de coma après l'accident ne pouvait pas lui laisser sans souvenirs de ce qui l'avait précédé. Pourtant c'était le cas. Le trou noir. 

Quelque chose clochait au niveau dans le timing de sa mémoire. 
Avait-il été zombie pendant une période plus longue que celle qu'il imaginait?

Il n'y pensait pas, ce n'était pas dans son caractère. Bob n'était pas un fan des romans de fictions pour penser à un voyage dans le temps. S'il ne souvenait pas des évènements du monde, ceux qui lui étaient plus intimes, il aurait dû s'en rappeler. Même le pourquoi de l'abandon Mary du domicile conjugal l'avait quitté. Les élections pour le second mandat d'Obama bouchait un peu trop les émissions de la télé. Il prit la zapette et éteignit la télé pour commencer à réfléchir.

Les bons sentiments à son égards de son épouse. L'attention de Marcovitch qui manifestait une joie de le voir vivant alors que normalement, suivant le timing de Bob, alors qu'il aurait pu se sentir si pas content de sa chute, au moins débarrassé de l'obligation de lui verser d'indemnités de dédits. Il semblait qu'il ne tenait nullement compte de son renvoi de la société. Bizarre.

Difficile de faire aussi vrai ou alors, c'était un parfait acteur qui avait raté leur vocation. Mary qui avait rejoint l'opération de bons offices et qui regagné la maison du couple et qui ne semblait pas parler de ce qui l'avait causé, comme si de rien n'était. Bizarre.

Son accident avait été banal et devait arriver tous les jours dans le monde. Le sien était dû à une colère mal contenue et il s'en souvenait. 

Il devait y avoir autre chose.

Un dérapage de mémoire avec effacement partiel.   

Une sorte d'Alzheimer temporaire avec un trou en son milieu, comme si son coma avait été morcelé pour lui, alors les mêmes évènements, plus récents, semblaient n'avoir jamais existé pour ses interlocuteurs. Un shift du temps. 

A partir de là, tout pouvait arriver. S'il jouait leur jeu, il pouvait dès lors reconquérir son épouse. Passer plus de temps avec elle. Prendre des vacances ensemble pour permettre pas de reprendre des conversations d'amoureux, transies par des années de solitude à deux. Le fait qu'il avait été viré pouvait disparaître de du même coup. Il semblait toujours faire partie de Pharmastore. Ce dernier point restait tout de même à confirmer et à réajuster complètement sur des bases stratégiques nouvelles.

Pourquoi ne pas les prendre le destin à revers et se construire un nouveau futur avec une vue antérieure même partielle, en entrant dans leur jeu?

La nuit suivante, Bob ne dormit pas un seul instant à réfléchir.


09:50 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

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